5 enseignements à tirer du DAF de start-up

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  • News Financières
  • Par Léa Faust le 15/02/2018

Agiles, disruptives, ambitieuses, les entreprises labellisées « start-up » sont connues pour avoir un temps d’avance, notamment dans la digitalisation des process et des solutions business. Moyenne d’âge plus jeune, féminisation de la fonction mais également différence dans les besoins spécifiques de l’entreprise, portrait d’un profil en plein bouleversement.

1. Participer à la stratégie et la croissance de l’entreprise

Profils jeunes et formés au sein des grands comptes, les Directeurs Financiers de start-ups sont avant tout recrutés pour sécuriser la croissance de l’entreprise, que ce soit après une levée de fonds ou pour accompagner la croissance de la masse salariale. Exit le profil issu de de cabinets d’audit : d’après une étude réalisée par Nomination, spécialiste de la veille et de l’information B2B, seuls 0,7 % des DAF de start-ups ont connu cette expérience, incontournable en début de carrière il y a une vingtaine d’années.

Le DAF est avant tout recruté pour apporter une vision structurée à la fonction Finance et intervient davantage dans la stratégie de l’entreprise que dans les grands groupes. D’ailleurs, l’étude pointe des formations parfois assez éloignées des problématiques comptables : Supélec, AgroParisTech, Télécom ParisTech… Le DAF de start-up est un stratège qui travaille main dans la main avec le PDG pour faire grandir l’entreprise.

2. Impulser la digitalisation du métier

Selon l’étude Robert Half « 2020: quel avenir pour les DAF et la finance d’entreprise ? », la gestion des changements technologiques est désormais une composante essentielle de la fiche de poste du DAF en 2017.

Le nouveau profil du DAF, plus jeune – près de la moitié des DAF de start-ups ont moins de 39 ans (48,9 %), alors qu’ils sont moins de 11 % à appartenir à cette tranche d’âge dans l’ensemble des entreprises – considèrent davantage les nouvelles technologies et la digitalisation des process comme un impératif. Cette caractéristique du « nouveau DAF » transparaît de plus en plus dans la fonction puisque, globalement, les responsables financiers estiment avoir « besoin de mieux comprendre le numérique, les technologies intelligentes et les méthodes sophistiquées d’analyse des données »[1]. Parmi les avancées technologiques essentielles à mieux connaître :

  1. La technologie Blockchain d’échanges de données
  2. L’intelligence artificielle
  3. L’automatisation robotique des processus

3. Gérer la data

Deuxième élément clé de transformation du métier: les data. 57% des Directeurs Financiers estiment qu’il s’agit d’un élément crucial pour la fonction Finance de demain et 32% d’entre eux considèrent même que l’analyse des données sera leur objectif principal d’ici 2020. Ils sont 65 % en France à penser que la gestion du Big Data et de l’analytique avancée est une « compétence cruciale des cinq prochaines années ».

« Dans ce monde en perpétuelle évolution, le Directeur Financier doit fédérer, travailler de manière collaborative, sans hiérarchie, et accepter d’être challengé, même par ses collaborateurs », témoigne Frédéric Puistienne, Directeur Financier d’Adisseo, conscient du challenge de la data et des nouvelles technologies.

4. Maîtriser les risques et les relations avec les investisseurs

« Seulement 31 % des directeurs financiers prévoyaient d’utiliser le Cloud fin 2015. Aujourd’hui, ils sont 83 % à l’envisager à horizon 2020 », analyse Philippe Audouin, président de l’Association Nationales des Directeurs Financiers et de Contrôle de Gestion (DFCG).

Cette évolution majeure renforce encore l’importance des problématiques de sécurité pour les Directeurs Financiers, qui sont 63% à considérer la gestion des risques comme une autre compétence cruciale des cinq prochaines années. Volatilité des marchés, crises géopolitiques, réformes réglementaires mais aussi risques stratégiques : la mission du DAF s’est élargie à la gestion de risques en tous genres. Cette mutation implique également l’identification de solutions stratégiques alternatives, en collaboration avec le PDG mais également les investisseurs et cadres dirigeants.

D’après EY, à la fin des années 1990, les relations avec les investisseurs étaient « une fonction exotique » ; désormais, elles représentent jusqu’à 40% des activités du DAF et peuvent monter jusqu’à deux tiers en rajoutant les relations avec le gouvernement et les agences de notation pour les comptes les plus stratégiques.

5. Répondre aux besoins spécifiques de l’entreprise

Adieu le Directeur Financier à la fiche de poste claire et bien définie ! Aujourd’hui, le Directeur Financier de la génération Y se définit de manière unique par les besoins spécifiques d’une entreprise. Le DAF de start-up modèle sa fonction par son profil et ses expériences. 78% des Directeurs Financiers de la génération Y estiment qu’ils seront de plus en plus responsables du caractère éthique des prises de décisions, contre 69% pour les générations précédentes. 66% estiment aussi qu’ils devront « de plus en plus gérer des centres de services partagés pluridisciplinaires fournissant des services au-delà des processus financiers ». Ils ne sont que 54% de la génération baby boom et 61% de la génération X à le penser.

Autant d’éléments qui montrent à quel point le métier de directeur financier est en plein changement et doit s’adapter à un environnement économique complexe et changeant.

[1] Etude « Le rôle du CFO: déterminé ou déterminant? L’ADN du CFO en mutation », EY

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