Retour vers le Futur : l’efficacité en 2084

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  • Par Léa Faust le 08/02/2019

« Plonger dans une immersion heureuse d’une journée en 2084 ». Telle était la promesse de l’édition 2019 de la Maddy Keynote, sommet de l’innovation organisé par le média digital Maddyness. Cette journée dans le futur brosse un portrait positif et altruiste de l’avenir de l’humanité aux 7000 visiteurs réunis pour découvrir l’avenir possible du travail, du bien-être et de la consommation. Loin des stéréotypes de la science-fiction, les 60 intervenants prévoient un futur définitivement optimiste, libérateur et efficace, guidé par les nouvelles technologies en fer de lance. Intrigués par cette vision de l’efficacité de demain, nous avons assisté à cette journée hors-du-temps – enfin, du nôtre.

L’être humain augmenté

« En 2084, 47% à 69% des tâches aujourd’hui prises en charge par l’homme seront automatisées. » C’est sur cette observation de David Bernard, fondateur et CEO d’AssessFirst, que s’ouvre la journée. Un constat au premier abord alarmant, qui attire l’attention d’une salle comble pour la conférence d’ouverture. S’ouvrent alors de nombreuses questions : quel avenir pour le travail dans un monde où plus de la moitié des tâches sont effectuées par des robots ? Comment repenser nos activités lorsque la population croît de 38% ?

Pourtant, l’heure n’est pas à la dramatisation. La Maddy Keynote a pris le parti de voir les nouvelles technologies comme une opportunité de changement pour l’homme. Une opportunité de libération. D’évolution. Qui n’a jamais rêvé de faire l’impasse sur le tri de ses emails, la création d’une présentation pour la réunion d’équipe du lundi ou l’organisation de son agenda Outlook ? En 2084, toutes ces tâches ennuyeuses ne seront qu’un vague souvenir dont on parle dans les livres d’Histoire. L’intelligence émotionnelle remplacera la productivité sur le podium des compétences les plus recherchées : « les managers auront pour rôle d’expliquer le changement, de remettre du sens dans cette nécessaire transformation, pour donner à chacun la capacité de la percevoir comme une opportunité ».

« Le manager devient un coach, orienté sur la projection, pour permettre à chacun d’être meilleur demain. » – Mathilde Le Coz, Directrice des Talents & Innovation RH – Mazars

L’efficacité émotionnelle

En 2084, la clé de l’efficacité résidera avant tout dans le bonheur au travail. En effet, d’après le sociologue Patrice Flichy, on observe d’ores et déjà une volonté de travailler autrement. Elle se manifeste avant tout par un besoin d’autonomie : d’après une récente enquête CFDT, 40% des salariés estiment qu’ils passent plus de temps à rendre des comptes à leur hiérarchie qu’à travailler. A l’heure où la compétitivité avec des robots autonomes deviendra cruciale, on imagine bien que toute pratique entraînant une baisse d’efficacité sera à bannir ! Le principal défi des entreprises en 2084, sera donc de rendre leurs employés autonomes et épanouis, et de recruter les profils les plus à mêmes de maîtriser les technologies avancées qui feront notre quotidien.

En 2019, 89% de la population n’est pas heureuse dans son job. Pourtant, on passe en moyenne 80 000 heures de notre vie au travail, soit 54% de notre temps de veille. Un recrutement sur deux est un échec au bout de seulement 18 mois, et 9 fois sur 10, cet échec est lié aux soft skills ou à l’alignement avec la culture de l’entreprise. C’est en réinventant notre regard sur le monde du travail que l’on parviendra à réaligner nos besoins avec nos talents. Une utopie ? Pas de l’avis de tous : « Ce n’est pas une vision romantique du travail », précise David Bernard. « Une personne passionnée est 6 fois plus efficace ».

Nouveaux métiers, nouvelles compétences

En 2084, la capacité d’apprentissage sera essentielle pour s’adapter aux nouveaux métiers de demain. « Cryptodétective », « Designer d’animaux virtuels de compagnie » ou encore « Psychologue d’intelligences artificielles », la rubrique Emploi du MaddyTimes du 31 janvier 2084, distribué pendant l’événement, fait écho aux visions exposées sur le travail. En 2084, une approche davantage centrée sur l’engagement que sur le CV sera privilégiée. On me chuchote dans l’oreillette que c’est ainsi que l’on a mis fin aux disparités dans la répartition des talents observées dans les années 2010…

« A partir de 2025, on généralisera l’utilisation des mood trackers », prédit Jean-Claude Heudin, professeur et chercheur en intelligence artificielle. Le spécialiste compare l’IA à l’électricité, en arguant qu’elle modifiera profondément la donne en termes d’emplois mais sans la détruire. Ses apports ? Une vision plus intégrative de notre existence où chacun, dès l’âge de 5 ans, orientera ses choix selon ses talents naturels. L’objectif : identifier les types d’activités à proposer pour que chacun devienne la meilleure version possible de lui-même.

David Bernard

En privilégiant une complémentarité entre emploi et compétences naturelles, on dépassera ainsi le concept même d’efficacité. « Efficaci-quoi ? » En 2084, à l’ère où les hommes mettent leur intelligence émotionnelle au service d’une main d’œuvre robotisée superformante, l’idée même d’efficacité devient obsolète.

>> Revivez l’édition 2019 de la Maddy Keynote en vidéo

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